C’est le récit peu commun d’un adolescent de 12 ans, Yannick, actuellement en 5ème dans un collège de la ville, roux, « qui n’écoute plus rien ». Depuis son entrée en 6ème, c’est devenu un véritable fardeau pour ses parents, à la maison comme à l’école où, ancien bon élève, sa moyenne générale a dangereusement chuté pour atteindre désormais le chiffre symbolique de Pi.

Ils ont pourtant tout essayé : punitions classiques, privations, martinet ou encore « menace de la pension », mais rien n’y a fait.

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Pire, même, Yannick a redoublé d’effort dans l’insolence et regarde maintenant « Les anges de la téléréalité ». La goutte de trop pour ses parents.

Une sanction sans pareil

Illico-presto, ils ont décrété l’état d’urgence dans la famille pour réfléchir à la sentence qui le remettrait dans le droit chemin. C’est un mercredi soir qu’ils ont trouvé l’inspiration, en tombant sur un documentaire relatant les sanctions infligées aux prisonniers de guerre de Stalingrad : BINGO ! Ça a fait tilt ! « Nous avons immédiatement pensé à la même chose » se targue la mère.

« Si après ça il n’est pas calmé » se gaussa, immédiatement, le mari. « Ça va lui faire la bistouquette » abonda le frère aîné, quand il en fut informé.

La sanction convenue était alors sans appel, et dénuée de tout scrupule de conscience : deux semaines en captivité, reclus des modernités de la société et de ses vicissitudes, ostracisé de son fief où un illustre Homme en bleu a été dressé au rang de célébrité, banni aux confins du monde civilisé dans d’effroyables conditions de vie où le confort n’y est pas admis.

« C’est notre dernier espoir »

Yannick passera donc ses fêtes de fin d’année en Creuse, loin de tout. C’est chez sa tante qu’il sera assigné à résidence, pendant les deux semaines de vacances. Une brave femme impotente, qui répond au prénom de Frédégonde quand on l’appelle (mais il faut insister, elle est un peu sourde), et qui occupe une petite ferme dans une bourgade de 3 habitants – elle, sa poule et la dépouille de son chien foudroyé un soir d’orage -, à 48 kilomètres à l’Est de Guéret.

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Il y séjournera pendant deux longues semaines hivernales, mornes et insipides, dans l’indigence relationnelle la plus totale. « C’est notre dernier espoir » souffle la mère, exaspérée. Un quotidien médiéval à décorner un cocu, mais malgré tout porteur d’espoirs pour les parents : « On y croit dur comme fer ».

Au sein de la famille, on se félicite de cette initiative : « On a visé juste. Il va redevenir l’enfant model qu’il était, c’est sûr ». La valise de Yannick est bientôt prête, il s’en ira purger sa peine dans quelques jours.

On ne sait pas ce qu’il adviendra de son comportement mais, à l’heure où nous rédigeons ces quelques lignes, la punition infligée par les parents de  « Yan’ » a d’ores et déjà fait des émules, et notamment au sein du groupe Facebook où ils ont exposé leur histoire : « J’ai fait un enfant parce que je ne pouvais pas avoir de chien ».

 

6 COMMENTAIRES

  1. Nous ne sommes pas parqués en Creuse, il y a internet, l’électricité, le tout à l’égout, et tout le confort, c’est n’importe quoi !!!!! on entendra vraiment tout !

  2. la creuse n’est pas au milieu de nul part
    Mais plutôt au milieu de tout !
    Nous avons internet comme tout le monde!
    Venez plutôt apprécier les bonnes Choses de nos régions avant de les dénigrer!!
    L’air pollué vous intoxique vos neurones !!!

  3. Voici enfin des parents sains et droits ! Depuis que j’ai du quitter ma Lorraine natale pour Limoges, je suis accablé par l’air pestilentiel de cette Gomorrhe moderne. Les mœurs y sont débridées, les cerveaux vidés par cette publicité et ces raiseaux sociaux omniprésents, et la jeunesse traîne, oisive. Et que dire de ces bandes douteuses (punks ?) qui se réunissent tous les mardis soirs place d’Aine ?
    La Creuse, sa fermeté et sa morale lui feront le plus grand bien.

    Bernard Martin

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