Après une arrivée mouvementée à Limoges ce matin, Manuel Valls a rendu visite à deux entreprises phares du tissu économique local (France Confection à Limoges et Fabrègue à Saint-Yrieix-la-Perche) cet après-midi.
Invité de prestige d’un meeting de son parti à Boisseuil dans la soirée, il est venu dans nos locaux vers 17h pour répondre à nos questions au cours d’une interview sans concession.

Au menu, retour sur la polémique de la Limousine, ses impressions sur le Limousin et ses habitants, et ses perspectives politiques dans la région.

Le Fopulaire: Bonjour Manuel Valls, vous avez tenu à réagir à la controverse de ce matin au micro du Fopulaire…

Valls-Limoges-Scandale-Limousine

M.Valls: Oui (il soupire). Je ne m’attendais pas à faire autant de vagues. Mon intention était noble, maladroite certes, mais noble. Après, les gens sont à fleur de peau en ce moment…
Je voulais me fondre dans la culture locale. C’est dans mes habitudes. Je l’avais fait en arborant un béret basque lors d’une visite à Biarritz, ou encore des babouches à Marseille, et ça avait été très bien accueilli.
J’entends souvent parler de « Limousine » à l’évocation de votre région, j’ai fait un rapprochement…mais visiblement ce n’était pas le bon.

 

Le Fopulaire: Passons à autre chose maintenant, c’est la seconde fois depuis 1 an que vous venez dans la région, on se dit que vous allez finir par y prendre racine, non ?

M.Valls: Vous savez, moi, j’aime la France champêtre et tout ce qu’elle incarne. Et j’aime les gens d’en-bas, comme vous. L’accueil réservé est toujours chaleureux, c’est appréciable.
Je trouve votre région magnifique. Et je ne dis pas ça pour vous caresser dans le sens du poil. Je le pense vraiment. Le paysage est sublime et authentique, pittoresque, je serais presque tenté de dire poétique. Une vraie carte postale. Mais, mais… 

Le Fopulaire: Mais vous êtes plus dans votre élément dans la capitale, c’est ça ?

M.Valls: Ce n’est pas tout à fait ça. La vie rurale ne me déplaît pas, je lui reconnais nombre d’avantages sur la monotonie bétonnée des métropoles, mais c’est, c’est…(il coupe). C’est l’odeur de bouse et de purin qui s’exhale du tableau qui me parait invivable au quotidien. Elle m’est insupportable, vraiment. A tel point que c’en devient presque un supplice de respirer ici.
Vous, vous baignez dedans depuis votre enfance, mais moi qui n’y suis pas habitué…

Et puis ces gens avec une haleine de poney qui vous parlent à 5 centimètres…

-

 

Le Fopulaire: Il y a donc peu de chances de vous voir un jour dans le décor politique limousin ?

M.Valls: (Rires) Ça va sans dire. Peu de chances, c’est un euphémisme. Je n’aime pas pratiquer la langue de bois alors je ne vais pas vous cacher que déjà, poser mes valises ici pour un week-end prolongé, ça me parait compliqué, voire improbable, alors m’y installer…
Je n’ai rien contre votre région, et comme je l’ai dit, le paysage est sublime, la gastronomie très bonne et j’en passe, mais c’est vrai que, des deux, je préfère sincèrement le moment où j’en repars.

A ce titre, François (Hollande), qui est très attaché à cette région, m’avait dit: « tu vas voir Manu, tu vas pleurer deux fois: une fois quand tu vas y aller et une fois quand tu vas la quitter ».
En toute 
honnêteté, même s’il faut concéder que je ne suis pas un grand émotif, je ne me vois pas verser de larmes demain matin ni même plonger dans le spleen.
Loin s’en faut. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en disant ça mais vous savez, les goûts, les couleurs…


Merci au Premier Ministre d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. En espérant le recevoir de nouveau un jour, nous lui souhaitons tous une bonne fin de séjour au pays des bouseux !

LAISSER UN COMMENTAIRE