Place de la Republique Limoges platanes8C’est le second cas d’expropriation à Limoges cette année. Après les prostitués au mois d’avril, c’est maintenant au tour des marginaux d’être contraints de faire leurs valises et de trouver un autre point de chute.

En effet, lundi, les agents municipaux de Limoges ont acté ce qui était dans les tuyaux depuis plusieurs semaines: la coupe totale des 24 platanes de la Place de la Ré pour l’implantation d’un nouveau Mac Do.

Greenpeace va monter au créneau

C’est désormais effectif. Il n’y a plus un seul arbre sur la place centrale de Limoges. La folie humaine a encore fait des ravages à grands coups de tronçonneuses jusqu’au dernier arbuste. La place est déserte. Le géant américain du fast food va maintenant pouvoir accoucher de son nouvel établissement.

En parallèle, à l’instar de toutes les opérations de déforestation massive, c’est la planète, son écosystème, et des hommes qui en pâtissent.
A Limoges, ça se retranscrit par des pigeons à qui on ôte la flore et des expropriations de force sans dédommagement.

« On nous dégage de chez nous. » s’insurge l’un des indéboulonnables « punks à chiens » chevillés à la Place de la Ré depuis Mathusalem. « On est domiciliés ici depuis toujours. Ce coin nous appartient. Tout le monde le sait. Et on nous vire comme des malpropres. »

Une affaire d’état, au pays des droits de l’homme 

Place de la Republique Limoges platanesSans préavis, sans relogement, sans compensation financière, ils se retrouvent désormais à la rue, avec leurs seuls yeux pour pleurer.
Mais plutôt que d’errer ici et là, dispersés, dans les rues de Limoges, ils ont décidé, avec le soutien de l’association Droit au Logement, de traduire cette affaire en justice devant la plus haute juridiction compétente en matière civile.

Ils ont ainsi saisi la Cour européenne des droits de l’hommes pour qu’elle statue sur ce dossier. « C’était notre seul recours pour nous faire entendre ».
Face à l’urgence de la situation, la CEDH s’est instantanément emparée de l’affaire et devrait rendre son verdict incessamment sous peu avant qu’elle ne prenne trop d’ampleur sur le plan médiatique.

L’audience aura lieu courant juin. « On espère au moins obtenir une parcelle des jardins du parc Victor-Thuillat. C’est le minimum. Et évidemment un dédommagement pour le préjudice matériel et mental subi. Ça va sans dire. »

Une interrogation subsiste néanmoins: en attendant, où vont-ils s’installer ?

Crédits photo: France 3 Limousin – Alexandre Filliot 

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