Lors de notre précédent entretien, courant juin, Djordane nous avait dévoilé les dessous de sa préparation. Alimentation saine, rigoureuse et équilibrée ; entraînements intensifs où « fatigue » et « repos » sont proscrits ; et préparateur mental pour une meilleure approche de l’événement.

On avait donc quitté un Djordane à pied d'oeuvre, qui nous avait donné rendez-vous dans 1 mois afin de "pleinement se concentrer sur son travail, sans être emmerdé."

On avait donc quitté un Djordane à pied d’oeuvre, qui nous avait donné rendez-vous dans 1 mois afin de « pleinement se concentrer sur son travail, sans être emmerdé. »

La tuile

Lundi, notre champion nous a réouvert les portes de son quotidien, comme il s’y était engagé.

« Ça a été le mois le plus hard de ma vie, nous a-t-il soufflé d’emblée. J’en ai chié sa mère. » En cause, la chaleur harassante qui a sévi sur la région, évidemment, mais surtout une blessure qui est venue ternir sa préparation. « J’ai essayé de lever un 38 tonnes, comme ça faisait partie de mon programme, et là ça a lâché ».
Résultat, une déchirure de 4 centimètres de profondeur dans le biceps droit et le diagnostic accablant d’un repos forcé de 2 mois par le médecin urgentiste.

« La douleur n’est qu’une information »

Une période d’indisponibilité qui poussait jusqu’à fin août et signifiait, inexorablement, de faire une croix sur la Fête foraine d’Oradour sur Vayres.
Un terrible verdict venait alors de s’abattre sur Djordane, « rien ne pouvait m’arriver de pire », anéantissant ainsi son rêve inaltérable de laver l’affront de l’année dernière.
Mais l’enfant du village ne l’entendit pas de cette oreille, 
« pour moi, c’était hors de question. Niet. Rien à branler de leur IRM à la con. A Verdun, en 1789, ils n’avaient pas mal ! ». Alors « Djo » renfila le bleu de chauffe et reprit sa marche en avant…sous infiltrations et cortisone.

Au prix d’une endurance à faire palir les forçats soviétiques, désormais, plus rien ne pouvait faire barrière à l’abnégation inextinguible de Djordane. Pas même les sommets culminants de canicule, pas même la repêche de son Baccalauréat Technologique, pas même sa vie privée et sentimentale qu’il avait reléguée au second rang.
Le jeune homme de 22 ans redoubla de travail, en dépit d’un bras agonisant, intensifia à mesure des jours la dureté de ses entraînements, pour finir par vouer tout son temps à sa cause ouvertement proclamée: remettre les pendules à l’heure et montrer qui est le patron du canton.

Qui m’aime me suive

oradour vayres fête foraineUn dévouement chronophage qui n’aura pas été du goût de tout le monde dans son entourage, « Il ne s’est même pas présenté à la repêche de son Bac, cet âne » nous a confié sa mère, médusée, après l’avoir mis à la porte, et qui aura eu raison de la relation amoureuse qu’il entretenait avec sa petite amie depuis leur adolescence.

« Elle commençait me briser les rouleaux celle-là, à insister lourdement pour qu’on se voie une fois par semaine. […] J’avais d’autres chats à fouetter. Elle n’était pas ma priorité, c’est tout, alors j’ai fait un choix. J’espère qu’elle va bien ».

Désormais seul et brouillé avec une partie de sa famille, l’échéance approche à grand pas pour Djordane. Dans 10 jours, il se retrouva face à la « machine à coup de poing », qu’il lorgne tant, et devra en découdre avec la concurrence pour que toutes les concessions qu’il a faites ne s’avèrent pas inutiles. « Je serai fin prêt, nous a-t-il promis. Je vais clouer des becs et fermer des gueules. Les jaloux vont encore maigrir. Tiendez-le pour dit. »


 

Retrouvez, si vous les avez loupés, les épisodes 1 et 2 de la Saga Djordane

LAISSER UN COMMENTAIRE