[Family Village] Une enseigne de prêt-à-porter va afficher ses prix en « heures de travail d’enfants Chinois »

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décathlon limoges enfants chinoisAfin de sensibiliser les clients sur la qualité de ses articles, Bernard Lafonte, le directeur de l’établissement de prêt-à-porter, implanté en « Zone 3 » à Limoges, a semble-t-il trouvé la parade.
« On veut que nos clients prennent conscience que, derrière une paire de running, il y a des heures de travail. Que ce n’est pas de la camelote »

L’intérêt de cette initiative, prise en concertation avec les partenaires sociaux, est triple, selon le bras droit de Bernard Lafonte.

« Valoriser le travail artisanal de nos collaborateurs »

En premier lieu, il s’agit de faire valoir l’authenticité des marchandises : « on s’appuie sur un vrai savoir-faire. Nos artisans ont été habitués à créer, broder et assembler dès leur plus jeune âge. De ce fait, à 8 ans, ils maîtrisent les ficelles de leur métier sur le bout des doigts. C’est un vrai travail d’expert, qui mérite d’être mis en avant ».

Ensuite, pour que le client ne voie plus un prix, mais un travail : « Une paire de chaussures étiquetée à 149€, par exemple, ça rebute le client parce qu’il trouve ça cher ; alors que, si on substitue le prix par « Chaussures Nike – 14h de labeur acculées dans une usine, sous 48° et sans pause – Chang Juan, 6 ans et demi », mon client regarde le produit différemment. »

Enfin, parce que « le nombre d’heures de travail d’enfants Chinois » est une « devise internationale » qui « parle à tout le monde » : « nos clients hors-UE n’auront plus à faire la conversion des prix. L’affichage sera tout de suite explicite pour eux. »

Une initiative subversive, mais saluée par tout le monde

En vigueur pour les fêtes de fin d’années, les syndicats patronaux louent la perspicacité et le pragmatisme du directeur de l’établissement : « Il fallait y penser, quand même. Se détacher des usages en vogue, pour valoriser le travail artisanal effectué en amont, fallait une certaine hauteur de vue et en avoir dans le pantalon ». 

Informé sur ce virage à 180° qui, à n’en pas douter, fera date dans l’histoire des politiques tarifaires, un joggeur cautionne: « C’est vrai que, maintenant, mon angle de vue sera totalement différent. Je saurai que je n’achète pas de la daube. C’est rassurant. Et puis, à chaque foulée, dans la difficulté, j’aurai une petite pensée pour eux. Ça me permettra de relativiser ma souffrance ». 

Finalement, tout le monde y trouvera son compte.


 Crédit image: infomagazine

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