course de garçons de café limoges3Sans nouvelle depuis samedi, son entourage avait lancé un avis de recherche: « On s’est fait énormément de mouron, soupire la soeur cadette. Vous savez, dans ces circonstances, on s’imagine forcément le pire. »

Nombre de policiers, de proches et de volontaires anonymes se sont alors affairés, pendant 4 jours, pour inspecter chaque nano-recoin de Limoges et ses environs, dans la quête devenue de plus en plus utopiste de le « retrouver ».

« On avait commencé à faire notre deuil »

« Dimanche soir, on était totalement désabusés, confie un proche. Ça faisait 48h de recherche active sans le moindre signe de vie. On commençait à se dire qu’on ne le reverrait jamais. Lundi soir, on n’y croyait plus du tout. »

La signal avait été donné samedi sous les coups de 22h, après que ses parents avaient tenté de le joindre, en vain, depuis 18h – horaire d’arrivée des derniers participants.

« Il en a eu marre, il s’est arrêté au troquet, se disait-on quand on ne l’a pas vu dans le dernier peloton. Puis, on s’est rapidement inquiété. Il répond toujours au téléphone. On a rapidement compris qu’il se passait quelque chose. » 

Un moment d’égarement et 5 jours de périple

De son côté, Franck, lui, était loin de se faire autant de bile : « J’avançais, sans me poser de question, avec mon objectif de franchir la ligne en première position ».

Pour sa première participation, celui qui est serveur dans un café de la rue Charles Michel, raconte le déroulement des faits: « J’étais concentré sur ma course. J’avais les yeux rivés sur le sol, pour ne pas marcher sur quelque chose qui me ferait glisser, puis on a emprunté la rue du Clocher qui est parsemée de ces « balises ». Et là, grosse confusion, j’me suis mis en tête que c’était l’itinéraire à suivre. J’ai bifurqué… »

Aixe-sur-Vienne, Saint-Martin-le-Vieux, Châlus, puis la Dordogne jusqu’à Saint-Jean-Pierre-de-Port dans les Pyrénées Atlantiques, notre garçon de café ne s’arrêta plus jusqu’à cet après-midi.

Aussi, on lui a demandé s’il n’avait pas tilté que l’épreuve s’éternise sur 5 jours et qu’il jalonne autant de départements pour une simple course « récréative » – en théorie intra-muros : « Non, du tout. À mesure des kilomètres avalés, j’avais de plus en plus de soutien. De parfaits inconnus m’exhortaient le long des routes, certains m’accompagnaient même sur une courte distance. Alors, j’ai continué, encore et encore. J’étais dans mon « truc » ».

Arrêté à temps à la frontière par des douaniers

C’est ainsi qu’il a été retrouvé aujourd’hui, après le déjeuner, par des douaniers effectuant des contrôles inopinés à la frontière espagnole : « Là, j’ai réalisé ma bévue. Je me suis demandé ce que je foutais là. Je ne pensais pas avoir marché autant et si longtemps. »  

Ouf de soulagement dans son entourage et Franck embarqua pour le premier train en direction de Limoges. Moment de liesse sur le quai de gare puis notre serveur tomba de fatigue : « Pour marcher 500 kilomètres en 5 jours, il n’a pas dû beaucoup dormir, rigola sa petite amie ». 

Un repos amplement mérité pour ce serveur de la rue Charles Michel, qui gardera, à n’en pas douter, un souvenir « particulier » de sa première participation à « La course des garçons de café ».

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