sourds haute vienneIl suffit de peu pour créer une échauffourée. Hier, le Maison des Sourds de la Haute-Vienne a été le théâtre d’une empoignade entre résidents, alors qu’ils se penchaient sur la destination de leur prochaine sortie.
Un malentendu au moment de la réservation – Le Havre plutôt que La Havane – et voici comment les membres de l’association ont pris en grippe la personne chargée de l’organisation, jusqu’à en venir aux mains.

« Nous étions attablés face-à-face et, à chaque fois que j’essayais de l’interpeller sur sa bévue – puisqu’il était encore temps de faire machine-arrière -, il faisait mine de rien entendre, de faire la sourde-oreille, avec un dédain insupportable, relate aujourd’hui un des protagonistes. Une fois, deux fois, trois fois, alors au bout d’un moment ça m’a mis hors de moi et elle est partie ».

L’instigateur passé à tabac

« Elle », c’est l’une des nombreuses calottes qui lui ont été assénées dans la figure, suite à ce quiproquo plus maladroit qu’autre chose, avant que le directeur de l’établissement n’intervienne à temps.
Conscient d’avoir frôlé l’incident grave, Patrick Lafeuille déplore et condamne la barbarie : « Je leur laisse totale liberté sur le choix de nos sorties, et voilà comme ça se finit. C’est navrant, pathétique […] Il a été rué de coups et traîné dans la boue pendant de longues minutes […] Je saurai prendre les décisions qui s’imposent. » 

En attendant que la sentence ne tombe, les 17 membres de l’association embarqueront le week-end prochain pour la Seine-Maritime et les charmes de l’architecture bolchevique du Havre, à leur plus grand désarroi, comme en témoigne l’un d’eux : « J’aurais encore préféré visiter un centre pénitentiaire ou même la fromagerie Rue Ferrerie. C’aurait été du pareil au même ». 

« J’aurais encore préféré la fromagerie Rue Ferrerrie »

La victime de l’incartade, quant à elle, pour aplanir la tension au sein du groupe et que la sortie se déroule sans encombre, prône la positive attitude en toutes circonstances : « Au moins, on ne souffrira pas du jet lag et on n’aura pas à changer de monnaie. Faut voir le bon côté des choses […] Et puis bon, La Havane, c’est pas non plus la panacée. Je suis sûr qu’on se plaira plus au Havre ». 

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