licenciement fopulaireLes jours de la start-up Le Fopulaire, S.A. au Capital de 732 000€, sont peut-être comptés. Après avoir longtemps prospéré et fait la nique à la PQR, son avenir s’inscrit désormais en pointillés.

« On est dans le dur, constate son PDG, Pascal Ratonnade. On n’a plus de travail, nos rentrées d’argent sont nulles. On se demande même si on va passer l’hiver. » 

« Soit on licencie, soit on dépose le bilan »

Hier en plein essor, comment une entreprise si longtemps viable, qui s’offrait les 4 étages des locaux de la BNP en novembre dernier,  peut-elle aujourd’hui se retrouver dos au mur ?
Lucide, Pascal Ratonnade explique : « Le problème est que la réalité a supplanté la fiction ces derniers temps. Il n’y a plus un jour où le rocambolesque ne se produit pas. Et du coup, les autres médias marchent maintenant sur nos plates-bandes et nous réduisent au rang de journal sérieux ». 

En cause, des actualités récentes – toutes plus ubuesques les unes que les autres – , qui ont émaillé la région depuis le début de semaine :
> Mardi : un adolescent au tribunal pour avoir lancé des bombes à eau sur une passante ;
> Hier matin : une sombre histoire de crêpage de chignon en famille ;
> Hier après-midi : des cambrioleurs décérébrés qui se filment avec Periscope.

« L’improbable mésaventure d’Heiko Schaffartzik nous avait déjà fortement ébranlés, mais on avait tenu le coup et su repartir […] Là, c’est carrément un raz-de-marée qu’on se prend en pleine tronche. On y a laissé énormément de plumes. »

Une cinquantaine de salariés concernés

Conséquence de ce triptyque assassin, la direction du Fopulaire va devoir réduire son train de vie si elle ne veut pas mettre la clé sous la porte.
Un plan de licenciement a donc été décidé, hier, à 23h40, au sortir de l’A.G. extraordinaire convoquée pour la cause. D’après les rumeurs qui ont fuité, il concernerait une cinquantaine de salariés de la boite, dont 47 journalistes, soit plus d’un tiers de l’effectif total.

« On va commencer comme ça, puis on verra. […] Mais je crains que ce ne soit pas suffisant ». 

Merci et au revoir

Les 52 concernés ont appris la nouvelle ce matin, en arrivant au bureau, par le biais d’un Post-it sur leur écran. Le DRH leur a ensuite demandé de « faire leur carton » et de dire « au revoir » à leurs anciens collègues.
Sans sommation, ils se retrouvent aujourd’hui au chômage. Un bien triste dénouement pour ces professionnels de l’investigation, qui ont longtemps redonné au journalisme ses lettres de noblesses, mais une issue inéluctable pour l’avenir du Fopulaire.

« La survie de notre journal prime sur la condition de nos employés. Ça nous fait mal au cœur, mais c’est ainsi. »

 

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