Jusqu’ici, les livreurs de pizzas de Limoges (ou autres : sushis, burgers, apéritifs, chrysanthèmes…) bénéficiaient d’une certaine indulgence des autorités locales. Pour ne pas dire une grande permissivité.

En effet, pendant leurs tournées en centre-ville, sur leur scooter débridé pouvant monter jusqu’à 120km/h, ils s’offraient le loisir d’un « orange bien mûr », de dépasser par la droite ou même de rouler sur les trottoirs « pour arriver dans les délais », sans être inquiétés le moins du monde par les policiers municipaux et nationaux.

« Limoges était devenue une zone de non-droit » 

C’est désormais terminé: « dès à présent, ils seront sanctionnés comme tout le monde. Un feu grillé ? 4 points et basta. Un sens interdit ? Pareil. […] Et quand ils n’auront plus de points, bah… ils n’auront qu’à livrer à Vélim »

L’initiative ne vient pas de la municipalité, mais du  préfet du département, Raphaël Le Méhauté, qui vient d’être fraîchement parachuté à la tête de la préfecture. A notre micro, il explique sa décision : « j’étais conscient de certains passe-droits avant d’arriver ici, mais, maintenant, on ne va plus pouvoir tolérer ces excès. […] Rappelons qu’on est désormais sous le joug de Bordeaux. De ce fait, on se doit d’être bien vus si on veut une aide au financement de la LGV ». 

Intransigeance et respect du droit commun, le préfet de la Haute-Vienne entend bien montrer le visage d’un département « irréprochable à tous les niveaux » pour « satisfaire aux exigences de l’omnipotent girondin ».

« Quand ils n’auront plus de points, ils n’auront qu’à livrer à Vélim »

« On doit rentrer dans le rang. Limoges ne sera plus une zone de non-droit, martèle Raphaël Le Méhauté. Bien que sur le plan économique, ça risque nous poser quelques problèmes. »

Et pour cause, le système de livraison à domicile en moins de 30 minutes, qui avait fait florès dans la capitale de la porcelaine, risque d’être de moins en moins en vogue si les Limougeauds reçoivent leur dîner froid.

Mais qu’importe, « les règles sont les règles » et ce sera aux restaurateurs de trouver une alternative pour maintenir leur chiffre d’affaires. « Ils n’auront qu’à revenir aux méthodes ancestrales et employer les pigeons de la place de la Ré. Ou autre. […] En tout cas, moi, ce n’est pas de mon ressort. » 

1 commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE