On a déjà tous connu cette scène, tout du moins les quelques consciencieux qui ne daignent prendre le volant en fin de soirée :

[Appel : 05.55.38.38.38]
« – Limoges-Taxi, bonsoir. 
– Oui, bonsoir, on voudrait un taxi pour la rue XXX, pour 3 personnes.
– Ok, monsieur. Ne bougez pas, on arrive dans 5 minutes. » 

5 minutes…10 minutes…20 minutes…Limoges fait la taille de Pékin :
[Relance : 05.55.38.38.38]
« – Limoges-Taxi, bonsoir. 
– Oui, c’est encore nous. On avait demandé un taxi pour le rue XXX, y’a 20 minutes : vous ne nous avez pas oubliés ?
– Non, non. On est juste à coté. On arrive […] On n’a pas beaucoup de voitures ce soir, on fait de notre mieux. »

« On a cru qu’on s’était endormie »

5 minutes d’attente de mieux, voire « plus si affinités », et enfin le taxi qui « devait arriver en 5 minutes » vous récupère. Dans le meilleur des cas, vous avez attendu 30 minutes avec vos potes, le temps de refaire la soirée et de savourer votre kebab. Sinon, vous avez patientez seul, 45 minutes à 1h, dans le froid et/ou sous la pluie, sans batterie, en vous ressassant toutes les 2 minutes qu’à pied, vous seriez déjà chez vous. L’enfer.

Cette transcription a été, ou sera un jour, commune à tous les Limougeauds. Personne ne pourra y échapper. A croire que c’est graver dans le marbre de la ville.

Seulement, cette nuit, l’impensable, l’inconcevable, l’invraisemblable s’est produit dans les rues de la cité de la porcelaine. Un chauffeur de taxi est bien arrivé dans le laps de temps qu’il avait annoncé à ses clients : Alléluia !

« Pince-moi, dis-moi que je ne rêve pas »

« On n’en croyait pas nos yeux, témoigne une des passagères de l’improbable taxi ponctuel. Pour tout vous dire, on s’est carrément demandée si on ne s’était pas endormie quelques temps, sans nous en rendre compte. »

Elle reprend son souffle et renchérit : « C’était tellement…épique, qu’on était persuadée qu’il (le chauffeur, ndlr) s’était trompé. « Vas-y, pince moi, disais-je à ma pote. Dis moi que n’est pas un rêve ». Mais que nenni ! […] Alors, on a tout de même attendu qu’il nous dépose pour lui demander, sait-on jamais. Et figurez-vous que non ! »

Incroyable ! Ce dimanche 6 mars 2016 sonnerait-il comme le premier jour de l’ère post-néolithique où un taxi limougeaud se tient à son engagement ?! Il semblerait bien, à la lumière de ce témoignage.

6 mars 2016, un dimanche qui fera date dans l’histoire des taxis limougeauds

Néanmoins,  attendons encore un peu avant de nous emballer. En marge de cet épiphénomène, nombreux ont encore été ceux à frôler la cryogénisation, cette nuit, par -3°C, en attendant que leur taxi « qui devait arriver dans 5 minutes » vienne à eux.

Il faudra encore du temps pour que la ponctualité de ce chauffeur ne se généralise, mais néanmoins, ce fut un fait tellement notable que notre équipe de rédacteurs se devait de le relever.

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