Ils auront été plusieurs centaines de milliers, ce mercredi, dans les artères principales du pays, à revendiquer de concert leur colère contre la « Loi El Komhri ».
Seulement moitié moins, selon les forces de l’ordre – à jeun. Et finalement quelques groupuscules épars après les premières averses.

Ils, ce sont les lycéens dans la force de l’âge rebelle en pleine mue hormonale, de France et de Navarre, fermement décidés à faire rebrousser chemin à leur nouvelle victime expiatoire.

« Regardez-les, ces mongols […] »

« C’est trop injuste, peste l’un d’entre-eux. Déjà que c’est le chaos total, que notre génération est sans cesse stigmatisée et qu’on n’a même pas le droit de fumer un ptit pétard où on veut, là, c’est carrément la goûte qui fait déborder le Basque ». 

Des « El Komhri + petit nom d’oiseau » auront fusé tout au long de la journée dans les cortèges ostentatoires au nom de la liberté d’expression ; des pancartes rédigées dans un français approximatif auront été brandies au-dessus des hordes déterminées ; et les roots encore inanimés hier auront mis toutes leurs forces pour bloquer l’entrée de leur établissement scolaire. Ha, les joies des manifestations !
Pas de doute, au regard d’un tel mouvement insurrectionnel, la révolution d’Octobre n’était pas plus qu’une fade élection de délégués de classe.

« Qu’ils apprennent à lire et écrire avant de vouloir travailler ! »

C’est tout du moins l’interprétation qu’en a fait la principale intéressée, « Mymy », se gaussant à la fenêtre de son appartement haussmannien à chaque jet de bombe lacrymogène dans la foule.

« Regardez-les, ces mongols. Ils savent à peine compter, tout juste écrire, et ils s’inquiètent pour leurs conditions de travail. C’est à mourir de rire ».

Celle qui revendiquait hier « n’avoir de leçon à recevoir de personne » n’entend toujours pas bouger d’un iota aujourd’hui, et encore moins à la lumière des manifestants qui défilent devant chez elle : « J’étais encline au dialogue, à la base, mais quand je vois que ce sont des lycéens qui se révoltent, ça me conforte d’autant plus ». 

La dictature, c’est « ferme ta gueule » ; la démocratie, c’est « cause toujours »

Et de s’esclaffer : « Vous croyez franchement que ce sont ces décérébrés qui vont me faire changer d’avis ?! Moi, Myriam El Khomri ?! Qu’ils apprennent déjà à écrire et soignent leur acné, et on en reparlera ! »

Des déclarations très mal venues, qui émanent d’une ministre ayant, en tout et pour tout, cumulé zéro heure de travail dans sa vie, mais qu’importe, comme qui disait l’autre avant de nous abandonner : La dictature, c’est « ferme ta gueule » ; la démocratie, c’est « cause toujours ».

1 commentaire

  1. Prenez au sérieux les chefs du mouvement revendicatif ! ce sont les futurs politiciens. D’ailleurs Pôle Emploi recommande les manifs. La liste est longue de ceux qui ont su utiliser leurs compétences pour faire de la popolique. Les plaçous, les plaçous, on connaît en Limousin, mine de rien.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_personnalit%C3%A9s_de_l%27UNEF

    Et dire que certains nous racontent que plus personne ne croit en la politique ! badaises

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