Avant de donner son nom à une crêperie du centre-ville, Mamie BigoOde était une citoyenne limougeaude à part entière.
Elle avait 23 ans en 1940 quand la France renonça à combattre l’ennemi. Bien que résidente dans la « Zone libre », elle vécut durant 4 ans sous le joug des troupes militaires allemandes traquant les réfractaires au régime de Vichy.

« Elle aurait dû être tondue ! »

Parmi ces dissidents, on y trouvait son mari de l’époque, engagé auprès F.T.P. du Limousin, qui avait déserté le foyer nuptial en décembre 1940 pour entrer en Résistance.
« J’étais seule à la maison, confie l’intéressée. Seule et abandonnée. Mon homme ne rentrait quasiment jamais me voir, préférant dormir dans les bois avec ses potes […] »
« J’étais en âge où les femmes ont des besoins, des fantasmes à assouvrir et, pendant de long mois, il n’y avait personne pour m’honorer. Je me sentais oubliée, reniée […] Vous imaginez le déshonneur ? »  

La solitude mêlée à un sentiment d’abandon et des envies compréhensibles, et c’est ainsi que Mamie BigoOde aurait fini par « franchir le pas » en ouvrant ses quartiers de noblesse à l’occupant.
C’est tout du moins ce que prétend un historien-chercheur, à la force d’un travail important sur les dessous de la seconde guerre mondiale dans la région : « On a recueilli (son équipe et lui, ndlr) des témoignages accablants de commerçants et civils de l’époque. Tous, sans exception, ont relaté exactement les mêmes faits, doublés des mêmes détails, aux mêmes moments très précis ».

Une myriade de témoignages accablants

Une première fois en avril 1941, une seconde pendant l’été, une troisième à l’orée de l’automne, puis à des fréquences de plus en plus rapprochées, jusqu’à déboucher sur un « réel défilé d’Allemands dans la maison », témoigne un riverain, qui en a gardé un souvenir impérissable malgré ses 91 années au compteur : « Chaque jour, il y en avait un nouveau. Parfois plusieurs dans une même journée. C’était devenu un vrai « baisodrome ».

« Les témoignages de cet acabit sont nombreux et accouchent tous des mêmes faits, jure l’historien. On est maintenant en droit d’être formels : N’en déplaise à ceux qui louent sa cuisine, Mamie BigoOde s’est offerte sans vergogne pendant que son mari défendait la nation »

« Sa maison était devenue un baisodrome »

Très appréciée dans les rues de Limoges, Mamie BigoOde verrait là sa côte de popularité fortement chahutée si ces accusations s’avéraient plus que de simples allégations.
Mais ce ne sera pas à la justice de rendre son verdict, prescription dépassée l’en interdit. Ce sont d’autres historiens qui vont donc plancher sur la question.

« Cette femme de petite vertu ne mérite pas sa popularité […] Il est vital de réhabiliter l’histoire ! »

LAISSER UN COMMENTAIRE