Véritable mystère de la nature humaine, l’accent briviste interpelle, questionne et demeure encore à ce jour insoluble.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir soulevé l’intérêt des plus grands scientifiques et des linguistes du monde entier. En vain. D’éminents orthophonistes ont bien tenté d’apporter une réponse, sans plus de succès. Fred & Jamy, les frères Bogdanov, Enora Malagré, tous s’y sont tour à tour cassé les dents.

Et Gérard Miller dans tout ça ? Il est rapidement retourné à ses travaux sur les troubles névrotiques de Robert Ménard, dixit : « Au moins, on a un embryon d’explication. Alors que là, que tchi »

« Autant chercher l’Atlantide »

Il faut se faire une raison : la science est aux abois et la question de l’accent briviste, qui triture les esprits des uns et donne corps aux railleries des autres, reste à ce jour sans réponse. Alors, il n’y a d’autre choix que de composer avec, ce qui provoque l’ire de tout un département qui aimerait bien se débarrasser de ces « Patrick Bosso refoulés ».

« On passe vraiment pour des ploucs, déplore une résidente du chef-lieu de la Corrèze, Tulle. Ils nous couvrent de honte et nous font passer pour des beaufs ». Les témoignages de ce ressort sont légion dans le giron de Bernadette, si bien qu’un projet de déchéance de régionalité a été étudié et qu’une fuite massive des Corréziens se faisait de plus en plus inéluctable.

« Notre seule certitude est qu’il s’agit d’une maladie orpheline qui se contracte probablement à la naissance », dressait lors de notre première entrevue en 2014, la responsable du pole santé du CG, Josiane XY. Entre temps, les choses ont sensiblement évolué. En effet, selon une étude effectuée sur un échantillon de 387 nourrissons brivistes entre janvier et mai 2016, il s’avère que 87% d’entre eux ont eu pour premier mot : « Mercééé ». Édifiant.

« C’est déjà une première piste et pas des moindres. On va maintenant pouvoir concentrer nos recherches autour de cet axe afin de prémunir les prochaines générations contre ce fléau […] L’espoir est de mise. » 

« Mercééé »

Restait maintenant à concerner Christian Bréchot, directeur général de l’Institut Pasteur et dernier espoir pour éradiquer cette « ignominie ». « A vrai dire, on a pas eu vraiment besoin de le convaincre. […] Une simple vidéo de ces renégats à l’accent niais et ses équipes de chercheurs planchaient sur un vaccin le lendemain ». Un premier élément de satisfaction pour « Josi », qui semblait plus que jamais résignée et fataliste : « Il a compris l’urgence de la situation. C’est vraiment quelqu’un d’intelligent. » 

De ce fait, les départements « Génomes et génétique », « Biologie du développement et cellules souches » et « Immunologie » de l’Institut Pasteur de Lille sont chaque jour à pied d’œuvre et multiplient les expériences dans les laboratoires. « Ce n’est pas une mince affaire. C’est même un immense défi. Peut-être le plus beau de notre carrière […] Même si on ne garantit rien, on va faire notre maximum. »

Des recherches fastidieuses pour un résultat incertain

Le syndrome de « l’accent briviste » n’a donc pas été pris à la légère dans les laboratoires de la Fondation. Ainsi, on se prend à rêver. Enfin, pas trop non plus. Comme a tenu à le rappeler Christian Bréchot : « Les bénéfices d’un éventuel vaccin ne s’apprécierait que dans 50-100 ans, le temps que les « pestiférés » s’effacent au profit des générations inoculées […] »

Il va donc falloir s’armer de patience encore quelque temps.


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