Balayé d’un revers lapidaire au printemps 2014, Alain Rodet, le maire sortant, a depuis totalement disparu des radars et été rayé de la sphère médiatique.

Une situation fâcheuse que le principal intéressé supporte, manifestement, très mal, mais qu’il a dû accepter contre son gré et s’en accommoder au fil du temps.

Aujourd’hui, celui qui fut à la tête de la mairie pendant 24 ans vit donc dans l’anonymat le plus total. Seul, reclus dans son appartement avec un Tamagotchi comme unique compagnie. Ses apparitions sont brèves, pour ne pas dire insignifiantes. On l’aperçoit de temps à autre gesticuler au deuxième rang du conseil municipal, mais le violon déborde d’urine.

« On a tout essayé, confie son attaché de presse. Une grève de la faim, une anthologie de ses 4 mandatures, des quenelles Place Denis Dussoubs aux heures de pointe, un calendrier en petite tenue, mais rien n’y fait. D’ailleurs, vous-mêmes, vous en avez entendu parler ? »

L’indifférence. Qu’il y a-t-il de plus atroce que l’indifférence ?  Alain Rodet en est le témoin forcé. Et quand il rentre des rares mondanités où il est encore invité, même son chien ne le reconnait plus. Bon, pour d’autres raisons, mais quand même.

Limoges a littéralement oublié celui qui l’a gouvernée durant plus de deux décennies. C’est un fait. À tel point qu’aujourd’hui, le sondage que nous avons mené dans les rues de Limoges accouche d’un résultat, pour le moins, saisissant. En effet, munis d’une photo de l’ancien maire, nous avons soumis à 500 personnes, de façon totalement aléatoire et de tout âge, la question « Est-ce que ce moustachu vous évoque quelque chose ? ».

Très vite, nous avons su à quoi nous en tenir. Et pour cause, pas moins de 210 soit 42% ont avoué « ne jamais avoir entendu parler de lui » malgré notre insistance – « Vous êtes sûr ? Regardez bien » – et les indices que nous donnions. Stupéfiant. À cette frange importante d’ignorants, ajoutez 160 sondés supplémentaires qui concédaient « avoir déjà vu cette tête, mais ne pas savoir qui c’est ». Le constat faisait froid dans le dos : pour 74% des Limougeauds, Alain Rodet était donc un parfait inconnu.

Et d’autant plus si vous comptabilisez les 19% de sondés ayant répondu : « savoir que c’est une personnalité publique, mais pas dans quel domaine »

À l’arrivée, il nous a quelque peu fallu biaiser notre sondage pour ne pas finir « fanny », en nous rapprochant du QG du PS et de son entourage proche. Et encore que, on a parfois eu droit à des réponses surprenantes. À commencer par cela de Philippe Reilhac, son bras droit historique, qui a bien cogité 5 secondes avant de nous répondre.

Deux ans après la passation de pouvoir, le constat s’impose et ne souffre d’aucune contestation : Alain Rodet présente, aux yeux des Limougeauds, autant d’intérêt que le côté bleu des gommes Maped. La réalité est cruelle et dure à avaler, d’autant que le maire sortant avait déjà organisé sa mise en bière dans les jardins de l’Hôtel de ville.

Limoges est vraiment intraitable.

 

 

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