Des vacances en famille : n’est-ce pas un oxymore ?

– Maman, en Vietnamie ils parlent chinois ?

A ce stade de la conversation, il reste encore 11h45 de vol vers Saigon, c’est un vol de jour (comprendre : la probabilité que mes fils dorment est égale à 0,0001%), je décide donc de commander une Vodka-Schweppes…et si ils ne la boivent pas, bah elle sera pour moi.
Un plateau-repas froid (merci Air France et ses grèves en plein été), une nuit blanche (merci la classe éco et son espace conçu pour des gens de moins d’un mètre quarante) et quatre vomis plus tard (merci les enfants, merci la vie) nous débarquons dans une atmosphère plus humide que des culottes d’adolescentes à un concert de Justin Bieber.

Notre premier contact avec la ville se fait en taxi, et j’invoque Krishna, Bouddha et Shiva (j’espère qu’ils bossent ensemble…) pour qu’il n’y ait pas contact justement ! : scooters partout, code de la route nulle part, peur de décéder niveau 8.
Je ferme les yeux mais heureusement j’entends mes enfants se marrer. Quoique, à bien y réfléchir, c’est plutôt mauvais signe si je me réfère aux statistiques familiales.

Miraculeusement encore en vie, il faut maintenant encaisser la nuit blanche et faire bonne figure devant nos hôtes qui ont l’intention de nous faire visiter les splendeurs de la ville en large, en travers et en tongs. Ils sont à fond sur le culturel alors que bon, honnêtement, je suis surtout venue pour la bouffe même si, quand j’y pense, je n’ai pas encore croisé un seul chien depuis qu’on déambule dans Saigon…

Dans la semaine nous partons en excursion visiter les tunnels de Cu Chi, vestige de la guerre du Vietnam. J’avoue que je n’ai pas très bien écouté le guide dès que j’ai su qu’il s’appelait Krwa… mes fils et moi, on a préféré se lancer discrètement dans un concours de jeux de mots pourris. T’y Krwa toi?

Les enfants ont tout de même eu le temps de se découvrir une passion pour les instruments de torture Viêt Kong. Je les ai entendus chuchoter des plans diaboliques (quelques bribes de conversations évoquaient des cintres en métal, des nems frelatés et du matériel de barbecue… je crois que je ne dormirai plus jamais sereine.

Pour les derniers jours de vacances en famille (qui est un oxymore, si vous n’aviez pas remarqué, faut tout faire soi-même ici), nous investissons un Hôtel au bord de la mer de Chine. C’est fou comme des enfants ultra bruyants génèrent automatiquement de l’espace : à notre arrivée les piscines se vident (aussi parce qu’ils ont la bonne idée d’y mettre quelques grenouilles pour une partie de pêche sous-marine). Tous ces jeunes mariés en voyage de noces nous regardent comme une publicité vivante pour les méthodes contraceptives, je sens que le taux de natalité du Vietnam va baisser dans les mois à venir.

Notre séjour se termine finalement sur une note joyeuse lorsque nos hôtes nous avouent qu’ici, non, les moustiques ne transportent pas le paludisme!… mais l’encéphalite japonaise, mortelle. Je les écoute poliment en grattant mes 28 piqûres et en rédigeant mentalement un testament rapide qui inclue quelques insultes à leur encontre.

Je rends les enfants à leur père demain, autant dire que c’est là que les (vraies) vacances commencent.
Vive la garde partagée !

(Ah oui, en vrai j’ai 42 ans mais chut)


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