4 avril 2014. La droite remporte les municipales et met fin à 102 ans de joug socialiste. Tremblement de terre dans la cité limougeaude. Le roi Rodet est détrôné. De son vivant. Les Républicains ont réussi leur tour de force.

Limoges avait besoin de nouvelles têtes. Et leur programme électoral est séduisant : la construction d’un Palais des Congrès et d’une cité consulaire, un nouveau Beaublanc pour un CSP majuscule, un campus universitaire, moins d’impôts, plus de sécurité et, pierre angulaire de leur campagne, la redynamisation – nécessaire – du centre-ville, où les commerces de proximité périclitent à petit feu.

L’électorat est conquis. Après tout, qui ne rêvait pas d’un Limoges étudiant, moderne, attractif, prospère, avec un CSP au pinacle,  tout en payant moins d’impôts à la fin de l’année ? « Le changement sera diamétral », nous promettait-on. Et il le fut.

Les promesses n’engagent que…

Un mois après sa prise de fonction, le maire livrait sa première mesure : gratuité totale du stationnement le samedi en centre-ville, et ce, afin d’inciter le chaland à venir consommer ses heures de labeur dans l’hypercentre. L’annonce est forte et accueillie en grande pompe. Des politiques qui tiennent leurs promesses, ça redonne du baume au cœur. Tremblent, petits Champs Elysées. La rue du Clocher vous salue bien.

Seulement, deux ans après, il semblerait que la municipalité ait changé son fusil d’épaule. En effet, après avoir révisé leur grille tarifaire entre temps (la gratuité totale réduite à 2h), elle a offert un joli cadeau de rentrée aux contribuables. Cela n’a échappé à personne : pendant que vous peaufiniez votre bronzage sur les plages de la côte sauvage, les agents municipaux, eux, n’ont pas chômé.

« On a constaté que la redynamisation du centre-ville n’était plus la priorité, témoignait une source proche du dossier. Pour tout vous dire, ça nous passe là […] On veut avant tout miser sur le patrimoine et la culture ». Par conséquent, à leur retour de vacances, les Limougeauds ont pu apprécier l’émergence de dizaines de petits horodateurs sur des zones historiquement gratuites. « On voulait leur faire un petit cadeau de rentrée scolaire. C’est beau un parcmètre. Beau et attachant. Ça s’inscrit parfaitement dans l’architecture locale et c’est une formidable source d’inspiration pour nos artistes locaux. »

« Cey pas cke vous croivez »

Les arguments se tiennent : quoi de plus beau qu’une machine à sou sur un trottoir de béton armé ? Ainsi, la municipalité, convaincue des bienfaits de ses horodateurs sur la sensibilité des Limougeauds, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « L’idée, à terme, c’est que chaque citoyen ait son propre horodateur, à son domicile, et qu’il l’amène avec lui dès qu’il prend sa voiture. » Une ambition un peu utopique à première vue, mais finalement pas tant que ça.

En effet, selon nos estimations, au rythme où pullulent les horodateurs depuis le mois de septembre, l’objectif pourrait être atteint dès…2019. Une aubaine manifeste pour les Limougeauds, qui brûlent d’ores et déjà d’impatience à l’idée de disposer ces « œuvres d’art » dans leur salon. « J’en salive d’avance, confie Lucienne, retraitée du centre-ville. Je suis une adepte de l’art contemporain. […] Quel beau cadeau nous fait-on ! »

La mairie sait comment combler ses concitoyens.


Crédits photo : Le Populaire

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