Samedi 19 novembre. C’est aux alentours de 10h04 que le drame s’est produit. Un client, pourtant habitué des lieux, se laisse tenter par l’aventure. D’ordinaire, c’est un café allongé et une sucrerie pour ce VRP en huisserie ; ce matin là, il penche finalement pour un thé vert parfum menthe.

« J’avais envie de varier les plaisirs, nous a confié Jean-Marc, lors de notre entretien par mail après avoir décliné une entrevue dans sa chambre d’hôpital. Mais je ne m’attendais pas à finir aux urgences et me réveiller à la clinique des grands brûlés de Bordeaux. »

Une vie brisée

Et pour cause, si le Columbus Café est le lieu idéal pour s’enquérir des dernières nouvelles en sirotant un jus d’orange, on ne peut pas en dire autant dès qu’il s’agit de se réveiller à la théine. Du moins, si vous comptez le boire avant la tombée de la nuit. Sans risquer votre vie.

Osez l’expérience et vous nous en direz des nouvelles. Au mieux, vous perdrez l’usage de vos papilles pendant 3 semaines, sinon, vous encourez la même mésaventure que Jean-Marc. « Je vis aujourd’hui avec une tuyauterie à la place du système digestif. Mes intestins n’ont pas tenu le choc. » Les médecins urgentistes de Bordeaux n’en croyaient pas leurs yeux dans le bloc opératoire : « On aurait dit qu’il avait avalé du cyanure. L’œsophage était carbonisé et la glotte en lambeaux. On n’avait jamais vu ça en 30 ans de carrière. »

Servis à la limite de l’ébullition, les thés de Columbus Café représentent un réel danger pour leurs consommateurs qui, à l’instar de Jean-Marc, ne prendraient pas les précautions de sécurité nécessaires. Un état de fait fâcheux et coupable d’avoir brisé la vie de Jean-Marc, mais dont le directeur de la franchise, qui comparaîtra devant la justice prochainement, se défend avec fermeté : « Les gens sont cons aussi. Il est mentionné en toute lettre sur le packaging « À consommer dans 48h. S’ils ne savent pas lire, ce n’est pas de notre faute. »

Une campagne de sensibilisation

En attendant que la justice ne tranche, les thés de Columbus Café font chaque jour de nouvelles victimes à Limoges, au point d’avoir été classés « arme létale » par la Cour d’Assises de la Haute-Vienne. Il est même formellement interdit de se promener dans la rue avec, sous peine de se faire embarquer par la brigade. « C’est sur place, avec des gants de chantier et à vos risques et périls », avait conclu le parquet.

Jean-Marc est aujourd’hui ce qu’on appelle un miraculé. Brûlé au 4ème degré, il veut maintenant trouver la force pour un défi de taille : une campagne de sensibilisation à grande échelle et dans la France entière, afin de limiter ses successeurs et d’alerter les plus jeunes dans les lycées. « Je ne peux même plus apprécier leurs superbes muffins ni leurs cookies. C’est dramatique […] Personne ne mérite ce qu’il m’arrive. »

Ce n’est pas Le Fopulaire qui dira le contraire.


Crédit photos : Columbus Café

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