ehpadLes infirmières de l’EHPAD du Roussillon sont inquiètes. La syphilis, maladie sexuellement transmissible qui avait semble-t-il disparu des radars, a fait son retour en Limousin et touche désormais les maisons de retraite de Limoges et ses alentours.

Les chiffres sont alarmants. En effet, depuis le début de l’année 2016, ce ne sont pas moins de 19 cas qui ont été diagnostiqués en 1 mois dans les plusieurs EHPAD du bassin limougeaud.
Un constat sans équivoque pour les professionnels de la santé, au regard de la moyenne annuelle des 10 dernières années dans la région, et d’autant plus que les établissements de retraités semblaient à l’abri de toute contagion de MST.

“On leur avait pourtant mis des préservatifs à disposition” 

“Je ne comprends pas, soupire le directeur de l’EHPAD du Roussillon, frappé de plein fouet avec 8 cas recensés dans ses locaux. On leur avait mis des préservatifs à disposition, on les avait sensibilisés sur les risques potentiels, j’avais bien briefé mes infirmières pour qu’elles soient attentives. Non, vraiment, je ne comprends pas”. 

En dépit de la prévention faite en amont, c’est donc près de 20% des 43 résidents qui est aujourd’hui contaminé dans l’EPHAD du Roussillon.
De quoi alerter le personnel infirmier de l’établissement et son directeur, qui ont immédiatement décidé la banalisation d’une journée dépistage de la syphilis “avant que la propagation n’emplisse et se généralise”.

Les centenaires de l’établissement au centre des accusations

“La Saint-Valentin approche à grand pas. Et comme chaque année, les résidents vont s’en donner à cœur joie après le dîner.[…] Si on ne fait pas le nécessaire avant, on s’expose alors au pire”. 

De ce fait, samedi, chaque résident a été passé aux cribles par des médecins réquisitionnés pour la cause, et tous ont fait l’objet d’une prise de sang obligatoire dont le verdict déterminera s’ils seront ou non cloîtrés dans leur chambre pour le 14 février.

“On sera forcément tristes pour eux, et notamment les centenaires qui vivent peut-être leur dernière année, mais on ne peut pas transiger sur ça. On comprend leur besoin, mais s’ils avaient suivi nos consignes avant, on en serait pas là aujourd’hui.” 

La Saint-Valentin entre parenthèses pour les contaminés

En attendant les résultats des analyses, qui devraient intervenir mercredi ou jeudi, les 42 pensionnaires sont strictement interdits d’ébats sexuels et toute forme de rapprochements sous peine de sanctions “qui pourraient même aller jusqu’à l’exclusion”.

Le directeur prévient: “A bon entendeur !”

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